Banque Caisse d'Epargne

Localisation

Commune: 

  • GAP

Adresse : 

Place Verdun

Référence cadastrale : 

DE0031

Latitude, Longitude : 

44.561, 6.07739
Histoire

Datation : 

1905

Auteur : 

Joseph Vollaire (architecte)
A la fin de l’année 1901, le Conseil des directeurs de la Caisse d’épargne s’est réuni pour trancher la question de la construction d’un nouveau bâtiment pour la Caisse d’épargne. Il fut décidé que le bâtiment comprendrait une vaste salle de conférence au rez-de-chaussée et que le terrain nécessaire serait pris sur l’extrémité est de la place de Verdun, face à l’école communale de garçons, actuel collège Centre. La Ville de Gap fournirait le terrain et en échange deviendrait propriétaire de la salle de conférence. Cette décision est une aubaine pour la Ville qui ne possède toujours pas de salle des fêtes en ce début de 20ème siècle. Le 5 janvier 1902, le Conseil municipal de Gap approuve la délibération du Conseil des directeurs de la Caisse d’épargne. Un concours d’architecte est lancé dans la presse. Seuls des architectes originaires du département peuvent concourir. Le 26 avril 1903, c’est l’architecte Joseph Vollaire qui est retenu pour le projet. Le 20 mai 1903, l’architecte de la ville de Gap, F. Peyrot, rédige le procès verbal d’échange : la municipalité fournie le terrain contre la salle des fêtes. Le 29 mai 1903, Joseph Vollaire adresse les plans et devis au maire de Gap. Du 10 au 24 juin 1903, les pièces du dossier sont soumises à enquête publique. Le 4 juillet 1903, un arrêté préfectoral autorise le déclassement d’une portion de la place du Lycée et la cession à la Caisse d’épargne du terrain déclassé en échange d’un immeuble à construire. Le 14 août 1903, M. Castelli, entrepreneur de travaux publics, accepte, sur demande du Maire en date du 12 août, de s’occuper du nivellement d’une partie de la place du Lycée, comprise entre la Caisse d’épargne, le lycée et la rue. L’éclairage et le chauffage sont installés durant l’année 1904. L’inauguration de la salle des fêtes a lieu le 4 février 1905. Pour l’occasion, un buffet et un bal sont organisés. Un article des Alpes Républicaines rapporte le déroulement de la cérémonie : « Notre nouvelle salle de spectacle de la Place du Lycée a été dignement inaugurée par le bal du samedi 4 février. Grâce à la générosité de MM. Goudet et Chabrand qui ont fourni à titre gracieux le courant électrique, grâce au concours également désintéressé de Monsieur Charles Jaubert-de Beaujeux qui avait apporté de Paris un appareillage merveilleux cette fête a été un éblouissement comme on n’en vit jamais à Gap. La lumière qui joue dans les soirées dansantes a un rôle prépondérant et a ruisselé littéralement à l’intérieur comme à l’extérieur de l’édifice. La façade principale du Lycée était toute illuminée par les faisceaux de lumière jaillissant du Palais des Mille et Une Nuits. Plus de 800 personnes se pressaient sur la Place du Lycée pour admirer les illuminations du perron. L’illumination de la salle dans laquelle le regard plongeait par les immenses verrières du Nord pour admirer aussi les riches toilettes des danseuses. Dès l’entrée dans la salle de bal après la station obligatoire du vestiaire engencé avec soin, les couples ne pouvaient retenir un soupir de sincère admiration devant la vaste nef aux dimensions imposantes ; dont des centaines d’ampoules électriques et des festons de perles et de stafs faisaient valoir l’inoubliable perspective et les imposantes proportions. La tonalité générale de cette féérie lumineuse était bien comme nous l’avions annoncée, grâce aux décors rouge, jaune et vert des ors les plus vibrants et les plus chauds. On se mouvait en plein soleil, les toilettes en général claires et faites de ces guipures de tulles légers et transparents qu’exige la mode actuelle faisant merveille dans cet incendie du soleil couchant ; avec comme repoussoir les ors et le sanglant des uniformes, le cru des plastrons, le noir sévère des habits. Dans les angles de la salle, des palmiers, des masses de verdure en tête de la scène un rideau de verdure. Tout au fond près de l’entrée un rideau de verdure encore abritant un buffet somptueusement décoré et abondamment garni ; Cette soirée sans précédent à Gap sera difficilement dépassée comme somptuosité, comme éclat et comme succès, la conduite de l’organisation s’est surpassée. On avait cru nécessaire d’utiliser une légère partie de la salle par le buffet et l’orchestre. Ce calcul prévoyant a failli occasionner une gêne à l’heure des quadrilles. C’est dire quelle a été l’assistance et quelle animation celle-ci présentait. Un piano à queue, sonore et d’autant plus juste qu’il venait d’être accordé séant, un orchestre fourni par les musiques du 99e ont alternativement joué, plus vite lassés que les couples de danseurs. La salle de jeux installée au buffet se trouvait trop exiguë elle n’a plus désemplie et a vu de respectables pontes jusqu’au petit jour. Jusqu’à l’aurore on a dansé, quadrillé, gavotté bissé, pas de quatre et pas de deux, des patineurs bien de circonstance sur ce parquet poli comme une glace. Le chauffage lui-même a trompé les crainte des organisateurs car les appareils dont c’était le premier essai cependant ont fourni leur douce et moelleuse chaleur que seule peut donner la vapeur. Ce fut en somme une inoubliable féérie un tel succès que déjà l’impatience a gagné ceux qui n’ont pas eu l’à-propos ou le bonheur d’y assister. La prise d’assaut littérale de l’édifice le lendemain par la Saint-Charlemagne donnée par nos lycéens, l’empressement avec lequel se prépare déjà le bal de la Société Hippique, l’impatience avec laquelle le prochain bal de l’Orphéon se prépare, prouve le succès de cette réalisation municipal ». En 1923, la toiture est refaite à neuf. Près de 700 kg de zinc sont vendus par adjudication. Sur trois soumissionnaires, c’est M. Martin J., négociant à Gap, qui remporte l’adjudication en offrant 160 francs les 100 kg. En 1954, La salle des fêtes est rénovée par l’entreprise Son, bruit, chaleur. D’après un article du Dauphiné Libéré du mercredi 21 juillet 1954, « la vieille salle, riche de souvenirs et chère au cœur de beaucoup de Gapençais, se voir insuffler un sang nouveau. Elle se présentera sous un aspect des plus modernes. Le plafond sera surbaissé et s’harmonisera avec le mur d’où auront disparu tous les motifs. Murs et scènes recevront un habillage en staff, un soubassement en chêne au sommet duquel sera aménagée une grande corniche, l’éclairage indirect complètera l’équipement. Le balcon lui-même sera rénové en un aménagement nouveau, ce qui lui permettra de recevoir des tables, dégageant par là-même la piste de danse. On nous a bien fait remarquer qu’il ferait chaud là-haut. La remarque était peut-être valable autrefois. Nous pouvons espérer de même que le ventilateur placé au centre du plafond et débitant de 10 à 12 mètres cubes d’air à l’heure sera en mesure de maintenir une atmosphère des plus saines. Reste le parquet, on ne sait pas encore s’il sera en simili-marbre (comblanchien) ou en chêne ». Le 31 décembre 1954, l’édifice est inauguré une seconde fois. . Un vin d’honneur était organisé à 11h30, suivi un bal à 21h.
Description
Gauche

Matériaux d'oeuvre : 

Pierre ; pierre de taille ; enduit

Matériaux de couverture : 

Tuile

Plan : 

Plan rectangulaire
Droite

Voute : 

NC

Elevation : 

Élévation ordonnancée

Type de couverture : 

Toit à longs pans ; croupe ; toit en pavillon

Sources : 

ADHA AC Gap 1194
ADHA AC Gap 4 M 580
ADHA AC Gap 1 J 865