Habitat rural

Une maison typique de l'habitat rural

Une maison typique de l'habitat rural

Vue aérienne d'une campagne

Vue aérienne d'une campagne

Traiter de l’habitat rural d’un territoire ne peut se faire sans comprendre l’évolution de son peuplement. Ce dernier est le fruit d’une longue évolution

Au paléolithique, les Alpes sont recouvertes d’une calotte glaciaire et l’homme n’est pas présent. Ce n’est qu’au néolithique que s’installent les Ligures, peuplade venue de méditerranéeIls forment des villages sur pilotis et près de l’eau : les palafittes, dans le sud de l’actuelle région PACA et des villages perchés entourés de fortifications : les castellars, que l’on retrouve plus au nordUn peu plus tard, l’arrivée des peuplades celtes, qui n’utilisent pas se mode d’habitat, ne fait pas disparaître les castellars.

La période romaine connaît l’essor de nouveaux villages, vici ou villae, le long des grands axes de communication et les installations ligures sont toutes pour la plupart désertées. Les populations se regroupent en plaine ou dans les fonds de vallées.

De la pax romana ont succédé les troubles des incursions barbares entre les 5e et 10e siecles (Burgondes, Francs et Sarrazins). Les populations soumises aux razzias des barbares remontent se percher sur des sites plus facilement défendables.

Les troubles de ses années ont ébranlé la puissance royale qui ne peut plus protéger sa population. Les comtes, puis les seigneurs locaux s’approprient les prérogatives royales. C’est l’essor de la féodalité. Ce mouvement s’accompagne d’une importante croissance démographique qui induit un important mouvement de défrichement et de fondation de bourgs nouveaux. Ces derniers se développent le plus souvent autour d’une église ou d’un château.

Jusqu’au milieu du 19ème siècle, villages et hameaux se développent, l’activité agricole est dominante. Des années 1850 à 1950, les révolutions industrielles, les transformations du monde agricole (motorisation, mécanisation) et les guerres (1870, 1ère guerre mondiale, Seconde guerre​) furent les causes d’un exode rural toujours plus important. Avec lui ce sont des hameaux entiers désertés et abandonnés.

Depuis les années 1980, un phénomène nouveau touche les vallées du Pays Gapençais, l’arrivée de néo-ruraux. Si cette nouvelle population est un second souffle économique et social pour le Pays, elle est toutefois à l’origine de ce que l’on appelle le mitage du territoire. En effet, de nouvelles constructions s’étalent en périphérie des villages sans aucun plan d’ensemble et dans des styles en total décalage avec l’habitat traditionnel.

Cette histoire commune à bien des territoires de France se singularise néanmoins par le fait qu’elle se déroule dans un milieu de montagne. Les hommes ont du s’adapter au milieu (habiter la pente, architecture de cueillette) et de cette adaptation découle des formes d’habitat spécifiques pour chaque vallée. Ces formes d’habitat constituent la synthèse d’une identité historique, architecturale, sociologique et le mitage de l’espace, la destruction ou les mauvaises restaurations sont autant de menaces qui pèsent sur cette identité.

L’habitat du Valgaudemar

Le Valgaudemar est la vallée la plus au nord du Pays Gapençais. C’est un territoire de haute montagne traversé par la Séveraisse d’est en ouest. Plusieurs villages s’égrènent le long de son cours : La Chapelle-en-Valgaudemar, Villar-Loubière, Saint-Maurice, Saint-Jacques, Saint-Firmin. Aspres-les-Corps, Chauffayer et Le Glaizil émergent quant à eux le long du Drac, du nord au sud. Le climat y est rude avec un fort enneigement et la topographie escarpée avec une forte déclivité.

Les fermes sont donc construites dans la pente et très massives. Les toitures sont très pentues pour permettre a la neige de moins s’accumuler sur le toit. Le plan des maisons varie que l’on soit dans la haute ou la basse vallée. Les constructions de la haute vallée disposent d’un plan quasiment carré, alors que celles de la basse vallée sont plus allongées. Mais ce qui caractérise l’habitat rural du Valgaudemar c’est la construction d’une voûte extérieure que l’on appelle la toune. L’accès à la grange se fait de plain-pied, par le truchement d’un escalier formé de gros blocs ou par la toune, si le logement est au premier étage.

L’habitat du Champsaur

Pays de cocagne s’il en est un, le Champsaur s’ouvre sur un vaste paysage de bocage verdoyant aux sols fertiles favorables à l’agriculture. Il est dominé par un géant, le Vieux Chaillol et irrigué par les Drac Blanc, à l’ouest et Noir, à l’est.

Les maisons sont allongées et s’organisent autour d’un rez-de-chaussée comprenant le logement (une cuisine, une ou deux chambres et une resserre au-dessus de la grange) et de l’écurie. A l’étage on peut y trouver une chambre. L’accès à la grange se fait par un montoir. La façade principale tourne le dos au vent dominant.

L’habitat du Haut Champsaur est bien différent : 

Celui de la vallée du Drac Blanc est formé d’une maison de plan rectangulaire comprenant généralement le logement à l’étage et l’écurie au rez-de-chaussée. L’accès au logement se fait par un escalier extérieur en pierre ou en bois, prolongé d’un balcon. La grange quant à elle se situe dans le comble et dans une partie de l’étage.
Celui de la vallée du Drac Noir dispose de fermes dont le plan est proche du carré, comme dans le Valgaudemar. Là où la pente est importante, une partie du bâtiment est enterrée dans le versant. Le logement est au rez-de-chaussée ou sur deux niveaux. La séparation des étages se fait principalement par des planchers sur lambourdes et non plus sur voûte. A l’origine les maisons sont couvertes de bardeaux de bois. Depuis, la tôle les a remplacés.

L’habitat du Dévoluy

Le Dévoluy est le plus élevé des massifs préalpins, il est dominé par le pic de Bure qui s’élève à 2 709m d’altitude. Pays très enclavé au climat rigoureux et aux sols peu fertiles, c’est le royaume de l’élevage ovin.

Tout comme dans le Champsaur, les maisons sont très étirées et exposées au sud pour capter un maximum de chaleur et de lumière. Les toitures étaient à l’origine revêtues de chaume, depuis la tôle ou l’ardoise fibrociment l’ont remplacée.
L’aménagement de la bâtisse comprend un rez-de-chaussée avec d’un côté l’écurie, de l’autre le logement, avec une salle commune et une ou deux chambres. L’étage qui correspond a la grange et par lequel on accède par un montoir ou de plain-pied.

L’habitat du Gapençais

Le Gapençais correspond a la partie sud du Pays, limité au nord par le col Bayard, au sud parl’autoroute A51, l’ouest par Veynes et l’est par Chorges.

Cette espace ne dispose pas d’un habitat véritablement homogène. Sa situation de carrefour entre Provence et Dauphiné, entre haute et moyenne montagne nous offre des types et des formes d’architectures aussi riches que variées. Il est a noté toutefois une forte influence provençale avec l’utilisation de la génoise et de la tuile canal.

Le val de Durance se caractérise par un habitat perché. Le géographe, Maurice Ney, définit le village perché comme « un groupe très serré de maisons qui se sont réunies sur un accident de terrain, dans une situation dominante ». Dans le Pays Gapençais, on peut citer Lardier, Vitrolles, Piégut, Venterol...